Europe Ministère de la Culture et de la Communication Région Réunion Le Port Consiel général de La Réunion
 
Art, Paysage et Insularité (A. P. I.)
Séminaire de recherche
le mercredi 28 février 2018 de 14h à 16h

avec Stéphanie FOLIO, Hédi ABIDI, Karl KUGEL, Yohann QUËLAND DE SAINT-PERN et Markus ARNOLD.

Séminaire de recherche
RESUMES DES INTERVENTIONS

 Hédi ABIDI (Etudiant en Master 2 philosophie EAD, Univ. Montpellier 3 - Paul Valéry)
« Le cinéma documentaire, miroir d'existence ? »

L'approche phénoménologique donne de nouvelles perspectives à la compréhension de l'oeuvre d'art. Pour Heidegger cette dernière est une puissance qui ouvre et « installe un monde » (Boutot 1989, p. 55). L'oeuvre n'est pas une simple représentation mais elle devient la manifestation de la vérité profonde d'une chose. Face à l'oeuvre nous ne sommes plus en présence d'une représentation mais d'une manifestation du réel lui-même. Dans cette perspective, le cinéma documentaire va apparemment plus loin que tout autre médium artistique. Il se caractérise par la recherche d'images et de sons synchrones, non pas tournées en studio, mais prises dans la vie quotidienne. Il est marqué par la volonté du cinéaste de cueillir « sur le vif » des moments de vie, concrets, tels qu'ils apparaissent et de les restituer au travers d'une proposition esthétique, d'un film. Il prend la phénoménologie au mot et le réel lui-même devient matériau esthétique et se trouve toujours en premier plan. Le cinéma documentaire traite toujours avec notre ici-bas. C'est avec des fragments de la vie vécue, extraits de notre monde contemporain et de ses réalités sociales, politiques, économiques, historiques ou intimes que le documentaire se construit. Si comme Heidegger l'explique, « l'oeuvre d'art installe un monde », le documentaire, en tant que sa matière est puisée dans les vécus concrets, Quelle est la vérité profonde de cet ici bas ? Le documentaire se fait-il le miroir de notre existence ?

13h-13h40
Stéphanie FOLIO,(Doctorante, Université de Nice Côte d'Azur)

« Etudier le tambour malbar à La Réunion : un sujet de recherche au carrefour de plusieurs axes méthodologiques »

Le tambour malbar est un instrument de musique considéré comme sacré du fait de son usage principalement religieux au sein des cérémonies hindoues de La Réunion ; mais depuis une trentaine d'années environ, ce tambour connaît une certaine expansion de sa pratique et de son répertoire.
Le tambour malbar, en tant qu'objet musical tangible, se prête d'une part à une analyse de ses caractéristiques physiques (organologie, acoustique, esthétique) tout autant qu'à une étude de sa pratique et de sa représentation (contextes d'usage, techniques de jeu, discours culturels). Mais en tant qu'héritage reçu et transmis, cette pratique musicale est d'autre part « vécue comme mémoire vivante, perpétuation et actualisation d'un enracinement historique plus ou moins lointain » (Charles-Dominique, 2009 : 21).
Si les enquêtes de terrain ont lieu dans un temps et un espace nécessairement actuels, un détour par l'histoire est donc souvent indispensable à une meilleure compréhension de l'objet d'étude. Comment accéder au passé d'une musique de tradition orale quand il n'existe que peu d'archives écrites à son sujet ? La confrontation des mémoires historique et collective est-elle scientifiquement pertinente ? Quel axe finalement privilégier à la mise en valeur de son sujet de recherche ? Dans le but de présenter l'état de ma recherche en cours et d'exposer les principales interrogations qui lui sont attachées, cette communication sera également l'occasion de questionner l'appartenance disciplinaire et la notion d'ethnomusicologie appliquée.

13h40-14h20
Hédi ABIDI (Etudiant en Master 2 philosophie EAD, Univ. Montpellier 3 - Paul Valéry)

« Le cinéma documentaire, miroir d'existence ? »

L'approche phénoménologique donne de nouvelles perspectives à la compréhension de l'oeuvre d'art. Pour Heidegger cette dernière est une puissance qui ouvre et « installe un monde » (Boutot 1989, p. 55). L'oeuvre n'est pas une simple représentation mais elle devient la manifestation de la vérité profonde d'une chose. Face à l'oeuvre nous ne sommes plus en présence d'une représentation mais d'une manifestation du réel lui-même. Dans cette perspective, le cinéma documentaire va apparemment plus loin que tout autre médium artistique. Il se caractérise par la recherche d'images et de sons synchrones, non pas tournées en studio, mais prises dans la vie quotidienne. Il est marqué par la volonté du cinéaste de cueillir « sur le vif » des moments de vie, concrets, tels qu'ils apparaissent et de les restituer au travers d'une proposition esthétique, d'un film. Il prend la phénoménologie au mot et le réel lui-même devient matériau esthétique et se trouve toujours en premier plan. Le cinéma documentaire traite toujours avec notre ici-bas. C'est avec des fragments de la vie vécue, extraits de notre monde contemporain et de ses réalités sociales, politiques, économiques, historiques ou intimes que le documentaire se construit. Si comme Heidegger l'explique, « l'oeuvre d'art installe un monde », le documentaire, en tant que sa matière est puisée dans les vécus concrets, Quelle est la vérité profonde de cet ici bas ? Le documentaire se fait-il le miroir de notre existence ?

14h20-15h
Karl KUGEL, (Artiste-plasticien)

« Avec la photographie je sais bien mais quand même : Une intervention avec projection d'images et lecture de textes »

Comme tout un chacun, je vis au milieu d'un fleuve d'images, qui participent d'une manière ou d'une autre à ce que je sais, ou crois savoir du monde. Au fil des années, ce sont particulièrement les images regardées ou réalisées dans le cadre de mon travail, mais aussi leurs dispositifs, qui me sont devenus intimes. C'est la force de l'image photographique, mais aussi sa fragilité, voire sa dimension pathétique, et la fragilité de nos regards, que je raconte avec quelques histoires vécues, extraites du projet intitulé "Le syndrome de la chinoise". Cette sélection d'« histoires » est une réflexion en action sur les images et les mots qui nous accompagnent au fil des jours.
Alsace, 2016 ("Le troisième voyage"), Ex RDA, 1983 (Extrait du "Voyage allemand"), Burkina Faso, 1986 (Extrait de "Histoires en terre africaine"), Mozambique, 2007 ("Hommage au travailleur inconnu"), Afrique du Sud, 2001 ("L'homme de l'hôtel"), République populaire de Chine, 5 avril 1989 ("Le spectre"), Mayotte, 1997 ("Le sixième et septième jour"), La Réunion, 1992 ("Le petit marin"), Mozambique, 2016 ("Un chien a hurlé comme à la mort")

15h20-16h
Yohann QUËLAND DE SAINT-PERN (Artiste-plasticien, enseignant, ESA Réunion)

« "Voiture Sono" – "Orchestre Vide" – "War Zone Wits" »

« Voiture Sono », « Orchestre Vide », « War Zone Wits » sont trois projets qui seront présentés lors de cette communication. Seront lus deux textes, prenant la forme de « manifeste », et réalisés lors d'ateliers. La collaboration sera le mode opératoire pour l'ensemble de ces « matériaux informés », textes, sons et dispositif vidéos.
« Voiture sono » : Série de chansons séga en créole réunionnais, diffusée par le biais de « voiture sono » dans l'espace public. Les voitures sono sont utilisées à la Réunion lors des campagnes électorales afin de vanter les mérites et les exploits d'un candidat. Chaque candidat a donc une sorte d'hymne personnel, écrit pour lui qui sera diffusé dans la ou les villes dans lesquelles il se présente. En 2016, je commençais à réutiliser ce principe de diffusion de voiture sono et de chanson « hymne », en l'adaptant aux artistes à La Réunion.
« War Zone Wits » : Cette scène se passe à l'université de la WITS à Johannesburg. Une manifestation d'étudiants pour défendre le montant de leurs inscriptions d'accès aux études, les opposant à la police. Les faits sont d'une rare violence, et embrasent les universités du pays en moins d'une semaine. Le conflit dura un mois environ et n'est pas clos. Le travail serait de traiter en un dispositif performatif un certain nombre de document vidéos ayant enregistré l'événement.
« Orchestre Vide » sera la présentation de l'édition. Je reviendrai essentiellement sur le mode de tournage. Pourquoi retraiter des documents « référent » à partir de La Réunion ? Quels rapports entretient t'il avec la notion de « Cargo Cult » ? Comment « travailler un territoire » avec des outils techniques et ou conceptuels exogènes ?

16h-16h40
Markus ARNOLD, (chercheur-enseignant ESA Réunion, chercheur associé Univ. Réunion)

« Entre stylisation onirique, naturalisme expressif et satire sociale : l'expérience migratoire dans la bande dessinée contemporaine »

La notion du déplacement, du transnational, de la migration accompagne la BD depuis ses débuts, soit d'un point de vue thématique soit en raison des expériences propres des créateurs. Avec l'avènement d'une certaine production engagée, postcoloniale et interculturelle dans le médium depuis une dizaine d'années, le sujet gagne récemment en visibilité et complexité, apparaissant sous des perspectives esthétiques et stylistiques innovantes. Se pose ainsi la question de l'éventail artistique, de la justesse testimoniale, de la pertinence critique de la bande dessinée sur l'expérience migratoire.
Cette intervention propose de discuter la recherche présentée lors du colloque international « Ecotones 2: Expériences des migrations et des transformations dans les écotones » (Univ. Poitiers, juin 2017). Sera exposé et discutée une sélection d'oeuvres qui mettent en scène des phénomènes contemporains de migration : La vie de Pahé (Pahé 2006/08), The arrival (Tan 2007), "Les passages" (Stassen 2007), "The Unwanted" (Sacco 2009), Droit du sol (Masson 2009), Krrpk (Bill 2012/14), Nègres jaunes et autres créatures imaginaires (Alagbé 2012), Les Ombres (Zabus et Hippolyte 2013). On interrogera l'effet sensible et esthétique de ces différentes approches scénographiques, évaluera leur portée politique et identitaire tout en dégageant des schémas narratifs et discursifs récurrents. Il s'agira ainsi d'analyser où reposent les potentialités, et les éventuels écueils, dans la représentation des subjectivités migrantes dans ce mode d'expression artistique.

 

PORTES OUVERTES

Les étudiants seront heureux de vous faire visiter l'école et vous montrer leurs projets, leurs créations récentes et portfolios, le mercredi 14  février 2018.

N'hésitez pas à nous contacter pour toute demande particulière concernant des visites de groupes, ou des informations pratiques qui vous seraient utiles.

Au programme :

présentations, expositions, Musique, performances, accrochages de travaux d'étudiants, rencontres avec les professeurs, étudiants, techniciens et personnels administratifs de l'école, visite des ateliers et des locaux...

 Mercredi 14 février de 13h à 17h30

 Le programme détaillé

13h- 17h
Accueil du public par les étudiants et toute l'équipe de l'ESA
. musique : diffusion de morceaux choisis par KABARDOCK,
. présentation des travaux des étudiants,
. performance-vente de gâteaux St Valentin par Océane Marée (jusqu'à 15h),
. distribution de dossiers d'inscription, plaquette, cours publics, tracts, etc.

14h00 – 14h45
Présentation de l'École en salle de conférence
. discours de la Directrice de l'ESA (Patricia)
. intervention du responsable de la mobilité internationale (Markus)
. exposé de la pédagogie par la directrice des études (Céline)
. exposé de la vie scolaire et de la vie étudiante par la coordonnatrice de la vie scolaire (Béa)
. découverte de l'exposition ERAMUS dans la galerie.

14h45 – 17h30
Découverte de l'École pour le public
. visite de la galerie, des ateliers, des salles de cours,
. Performances des étudiants ERAMUS,
. échanges avec les étudiants et les enseignants,
. démonstrations d'ateliers (design graphique,...),
. animations par les étudiants,
. découverte des cours publics,
distribution de dossiers d'inscription, plaquette, cours publics, tracts, etc.

16h -17h30
Performances des étudiants
. Exposition et performances des étudiants Erasmus dans la galerie de l'ESA.
. En live, réalisation en direct d'une fresque en papier.
. Danse avec Tanya Losat et le groupe portois Smileys.
. Vente de gâteaux par les associations étudiantes, Guerill'Art (ESA) et Eskiss (ENSAM).

Exposition des étudiants ERASMUS
Performances

des étudiants Florian Botka, Zélie Boulestreau, Anne Mayer, Jan Emde et Torben Wessel ont passé un semestre en échange international à l'ESA.


 

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